Lacrimosa, « jours de larmes », puise dans la mémoire de la Première Guerre mondiale et dans les traces qu’elle a laissées, tant dans l’histoire collective que dans les histoires familiales.
À travers ses quatre séries (Lacrimosa, Espérance, Vimy et Paix), l’exposition trace un mouvement : de la douleur du souvenir vers une forme d’apaisement. Encre et acrylique s’y superposent comme des strates de mémoire, entre le déjà-vu et l’inconnu, entre l’épreuve et la paix retrouvée. Plus qu’une commémoration historique, Lacrimosa est une méditation sur ce que nous transmettent ceux qui nous ont précédés – et sur la fragilité de ce qui, en apparence, semble immuable.
À travers ces œuvres, le projet évoque l’absence, le deuil et la fragilité des vies bouleversées par la guerre.
Cette exposition a été présentée à l’Université du Québec à Rimouski, à la Bibliothèque publique d’Ottawa, à la Bibliothèque multiculturelle de Laval et à la Bibliothèque Claude-Henri Grignon, Longueuil.
Encre et acrylique sur papier — 54 H × 44 L cm (encadré), 2015
Lacrimosa





Espérance





Vimy





Paix





Une histoire familiale
Au cœur de cette réflexion sur la mémoire et la disparition se trouve aussi une histoire familiale. Cette photographie de mon grand-père et de mon père, prise après la Première Guerre mondiale, témoigne d’une mémoire intime qui rejoint l’histoire collective. Elle inscrit Lacrimosa dans une histoire à la fois personnelle et universelle, où les traces du passé continuent de résonner dans le présent.
Mon grand-père, William Wesley Keeler, qui a servi en Grande-Bretagne et en France au sein du 224e Forestry Battalion, et mon père, Ernest Keeler. Photo prise à Brockville, Ontario.

Souvenirs éclatés
Née d’une réflexion amorcée avec l’œuvre Lacrimosa – 4, Souvenirs éclatés transpose en mosaïque les traces fragiles de la mémoire. Les fragments de marbre et d’ardoise se dispersent, se croisent et se recomposent, comme des souvenirs qui, malgré le temps et l’absence, continuent de laisser leur empreinte.

Solitaire
Solitaire évoque l’expérience silencieuse de l’isolement, cet espace intérieur où la présence au monde se fait plus fragile. Les tesselles, assemblées dans une matière dense et lumineuse, donnent forme à une solitude à la fois intime et universelle.

L’heure grise
Inspirée de L’Heure mauve d’Ozias Leduc, L’heure grise s’inscrit dans une réflexion sur l’héritage culturel et la transmission. En revisitant à mon tour le paysage de la montagne Saint-Hilaire, je cherche à faire dialoguer mémoire, territoire et regard contemporain. Cette œuvre rejoint ainsi l’exposition Lacrimosa dans sa réflexion sur la mémoire.
L’œuvre a été présentée à la Galerie Jean-Letarte, Boucherville, Québec.

Photos : Robert Gosselin